Chapitre 3: La traque

Alors que ces satanés gardes se rapprochaient sans que je puisse les semer, je fis une embardée et pris une petite ruelle cachée. J’avais bien assez de magie pour au moins deux voir trois jours en transformation. Je changeai alors de forme dans cette petite rue et pris l’apparence d’un vieil âne que j’avais vu traîner devant la ville. Bien sur cela m’obligeait à passer par ma forme changeline mais je n’avais pas le temps de m’en soucier.

Quand les gardes passèrent. Il me demandèrent la route qu’un jeune pégase mauve aurait pris. Une chance pour moi, je pouvais aussi modifier ma voix. Je leur montrai d’un sabot tremblant des magasins à toit ouvert. Ils s’y précipitèrent tous sauf un.

Il m’approcha d’un œil méfiant et renifla.

« Étrange pour un âne de porter une odeur pareille non ? »

Je n’avais pas tout de suite compris puis j’ouvris de grands yeux. Ma retransformation avait nécessité un passage par ma forme originelle, donc j’avais dû dégager de l’essence de changeling. Le genre de parfum que chaque garde de tout Equestria connaît. Je me reculai d’un pas et lui de même en voyant ma réaction. Il tourna très lentement la tête sans me quitter du regard et appela un garde qui était resté à l’entrée de la ruelle.

« Lively… ? Tu peux te dépêcher de me rejoindre en viteeeesse… »

L’autre garde entendit et revint vers lui méfiant. Il lui demanda ce qui se passait et comprit, d’après son regard qui ne me quittait pas, qui j’étais.

Il s’approcha et me demanda tout doucement, en faisant bouger un sabot en l’air de haut en bas, de ne pas bouger. La sueur me monta au front puis il sortit un « Vous êtes en état d’arrestation ».

Mon sang ne fit qu’un tour et mon cœur s’emballa. Les deux gardes me tenaient et je n’avais aucun moyen de les « maîtriser » sans attirer l’attention. Je pris une inspiration et regardai autour de moi en dehors des gardes qui continuaient à s’approcher en me disant de ne pas faire de mouvement brusque. Leur présence avait attiré beaucoup d’yeux curieux. C’était très mal barré.

Je fis ce qui me sembla primordial. Je changeai de forme rapidement, bien trop vite pour qu’il s’en rende compte. Puis, n’ayant plus qu’une aile, je fis juste un pas derrière moi puis battit très fort de cette dernière. Elle me permit de faire un assez beau saut au-dessus des gardes qui avaient sans doute remarqué mon manège et avaient commencé à s’envoler. J’atterris sur la tête d’un mais reçus l’autre de plein fouet dans l’estomac.

Mon sabot n’étant pas guéri je ne pouvais tenir que sur trois sabots. L’un semblait avoir perdu connaissance en se prenant tout mon poids sur le museau mais l’autre se relança en mêlée sur moi. Je me cabrai mais ne pus éviter le choc. Il plaqua mon ventre découvert contre son épaule et m’envoya dans le mur.

« Ouch !! »

Cette fois c’était la fin. J’avais du mal à voir et le reste des troupes arrivaient, alertées par le combat. J’entendais des juments hurler à l’horreur en me voyant sous ma forme normale.

Je les entendis discuter. L’un deux, me surveillant du regard, parlait de m’éliminer sans attirer l’attention plus que ça. Un autre parlait de me jeter dans les cachots de Baltimare. Dans tous les cas ce n’était pas joyeux pour moi.

Mais je n’écoutais pas la suite. En les entendant parler de me tuer, de trop violents souvenirs de la ruche me revinrent en mémoire. La bile commença à me couler sur les crocs et je fis briller ma corne.

Les gardes le remarquèrent et se mirent en positions défensives, bouchant les allées. Puis l’un d’eux se jeta en avant prêt à en découdre. Je lançai alors à ce moment le sort que je préparais depuis lors. J’avais eu l’idée d’utiliser toute ma magie d’un coup dans mon second sort, celui collant. Mais ça risquait de m’être douloureux à sortir, seulement, c’était le seul moyen.

Avant que le garde ne m’atteigne je fis sortir de ma corne une longue ligne collante qui toucha le plus grand nombre de gardes. Ils ne devaient pas se douter que j’avais autant de magie. L’autre partie des gardes se jetèrent aussi sur moi. Gardant un peu de magie pour survivre, je dus user des sabots.

À la ruche, on apprenait très jeune à utiliser le « Bugcontact » qui nous permettait de nous défendre sans notre corne. L’un d’eux se prit un coup de sabot cabré dans la mâchoire. J’entendis un crac mais ne me laissai pas déconcentrer. Par ce coup de patte, j’utilisai le rebond pour sauter et planter mes crocs sans trop viser dans un autre garde. Manque de chance pour nous deux, mon coup atteignit sa gorge. J’eus juste le temps de sentir le sang dans ma bouche qu’il s’écroula raide mort.

Je n’arrivai pas à y croire, ce que je venais de faire était horrible, moi qui ne voulais jamais un jour tuer, je venais de tuer deux personnes aujourd’hui. Pendant cette petite seconde où j’ai baissé ma garde, un de ses collègues, les larmes aux yeux se jeta sur mon dos. Il jeta un coup d’œil à l’autre soldat qui gisait, la gorge se vidant de son sang. Il hurla alors et me colla des coups de sabot dans le crâne. Il pleurait en même temps que pleuvaient ses coups. Il hurlait le nom de son ami que j’avais tué sans le vouloir. Ma gorge se noua autant sous la douleur que sous le souvenir des parents que j’avais découverts massacrés dans leur maison. Non !! je n’étais pas comme eux !! Ce n’était que de la légitime défense !

Je ruai et envoya valdinguer le pégase dans le mur. Un autre commençait à arriver aussi mais je faiblissais sérieusement. Tous les gardes coincés dans mon sort hurlaient ma mort. Le public se joignit bientôt à leurs cris tandis que j’entendais au loin un coup de trompette, signe d’une autre section de gardes qui arrivaient. Je sautai sur l’occasion quand le garde qui s’apprêtait à se jeter sur moi se retourna et hurla qu’ils étaient là. Il rajouta « Alerte changeling !! » Ayant toujours la tête tournée, je fonçai dans le public de poneys qui hurlèrent de terreur en se bousculant pour que je ne les touche pas. Je n’en avais pas la moindre intention. Je courus aussi vite que possible, slalomant entre les petits bourgs, de moins en moins rapidement. Je finis par les semer en les faisait se perdre.

Avant de me faire repérer, je changeai de forme et sautai dans un tonneau d’eau de pluie. Mon odeur prit aussitôt celle du poil mouillé, super désagréable.

En sortant, je vis quelques poneys de ci de là courir dans tous les sens en criant qu’un changeling avait été repéré. Je pris part aux poneys effrayants en boitant. L’adrénaline du combat passée, je sentais de nouveau la douleur et elle était pas agréable du tout. Je sortis du centre-ville et prit la périphérie en boitant bas.

Une bonne heure passa. Je n’avais plus du tout de magie et ma transformation s’était annulée. J’avais donc dû m’arrêter dans un petit cul de sac très sombre et attendis la nuit.

Les sirènes de la ville qui hurlaient indiquaient que la traque continuait. À mon grand désarroi. Je pris un petit carton qui traînait et m’en couvrit la tête. J’avais terriblement mal partout à cause des coups du soldat. Par chance, ma carapace sombre empêchait que l’on me repère dans le noir et le carton masquait ce qui était trop visible.

La nuit allait bientôt tomber je pourrais me remettre en marche d’ici peu…

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