Chapitre 15: Un attachement… royal

« Halte ! Qui va là » interpella un garde à l’armure dorée.

Swamp s’avança et enleva la capuche de sa tête. Sa compagne et son fils l’enlevèrent aussi. Ils étaient devant les portes de la grande muraille. Ils avaient revêtu des sortes de ponchos un peu miteux avec une capuche qui traînait dans la vieille commode de Prixi. Au moins on ne pourra pas dire qu’ils n’étaient pas habillés.

« Nous voudrions un entretien avec la princesse, nous avons entendu dire qu’elle recevait les familles dans le besoin. Je m’appelle Antias et voici ma femme Prixi et mon fils Dew. » Le garde cogita un peu sous le nom de ma compagne et il s’approcha en me dévisageant. J’eus soudainement chaud et je ne comprenais pas son attitude. Soudain, il enleva son casque qui le gênait pour voir, laissant s’échapper sa crinière… qui me complétait au visage me rappelait vaguement quelqu’un.

« Firebroken ? »

« J’en étais sûr… » dit-il avec un sourire de travers.

« Oh Célestia je m’y attendais pas… »

Prixi approcha alors et se colla à moi un peu perdue et apeuré par le garde.

« M-Mon cœur qu’est-ce qui se passe ? »

Le garde la coupa. « Alors c’était vrai… Un changeling peut vraiment ressentir l’amour au point d’être avec une jument de chez nous… » Il avait baissé le ton sur le nom de mon espèce et esquissa un petit sourire à Prixilia qui recula, intimidée et complètement choquée par ce qu’il venait de dire.

« Swamp qui est-ce ? C-Comment il sait qui tu es ?! » Elle avait peur je le voyais à son regard et son étreinte se fit plus insistante. Je lui souris avant de regarder le soldat. C’était bien la dernière personne que je m’attendais à voir ici. Mais en y repensant, il avait été rappelé de Baltimare pour une alerte ici.

« Votre compagnon est venu s’excuser pour… quelques soucis que nous avions eus… » Il me regarda et je lui fis comprendre d’un mouvement de tête qu’elle savait de quoi il parlait.

Prixilia couina un coup, comprenant enfin ce qui se passait. Dew derrière nous n’avait pas pipé mot de tout l’entretien.

« Malheureusement je crains de ne pas pouvoir vous laisser passer… je ne suis toujours pas sûr de pouvoir vous faire confiance alors vous trouver un entretien avec la princesse m’est totalement impossible désolé. »

« Mais il faut que je la voie… » répondis-je le cœur battant, « je veux qu’elle découvre que… nous… pouvons être différents… et peut-être trouver un compromis qui nous empêchera d’être massacrés jusqu’au dernier… » J’avais baissé le volume et la gorge sèche, je ne voulais pas que quelqu’un comprenne ce que je dis. Prixilia regarda le garde, encore un peu craintive mais le plus gros derrière elle.

« Je vous en prie croyez-le, il dit la vérité et même s’il est différent il a le droit de vivre autant que nous… s’il vous plaît nous n’avons pas fait tout ce chemin pour rentrer sans avoir au moins pu essayer de lui parler… »

Le garde soupira et leva un sourcil avant de regarder Prixilia.

« Vous pourriez jurer sur votre vie que vous lui faites entièrement confiance ? »

Elle ne me regarda même pas et sa réponse vint naturellement.

« Oh que oui je le jure. »

Il baissa son sourcil et sourit. Malheureusement pour nous un officier supérieur arriva au même moment, nous ayant vus discuter à voix basse. Il fit sursauter Fire qui se remit droit, le sabot au front.

« Qu’est-ce qui se passe ici ! Puis-je savoir qui sont ces nouvelles têtes soldat ?! Et que diable pouviez-vous bien vous raconter à volume si faible ! »

« Chef, nous finissions les formalités d’entretien pour savoir s’ils étaient aptes à s’entretenir avec la princesse Célestia chef ! Le poney ayant un problème à la voix se devait de parler bas pour ne pas trop se blesser chef ! »

Je fus impressionné par la vitesse avec laquelle Fire avait berné le chef avec ces mensonges et surtout pour trouver les idées qui nous ont sauvés. L’officier se tourna vers nous et nous lorgna, stoïque mais pas méprisant.

« Et pourquoi que diable voulez-vous vous entretenir avec notre illustre souveraine ? »

Je fis de mon mieux pour avoir une voix faible et un peu cassée, pour compléter le récit de Fire qui n’avait toujours pas bougé d’un poil.

« Bonjour, nous voudrions voir la princesse car nous avons appris qu’elle recevait les familles dans le besoin. Nous sommes-nous trompés ma femme et moi ? » lui dis-je d’une petite voix rauque.

L’officier se gratta le menton avant de nous sourire. Sa voix se fit moins forte et plus calme.

« Oh je vois. Donc si mon garde me dit que l’entretien et les formalités étaient réglés alors je vous en prie passez nous vous escorterons jusqu’au palais. »

Mon cœur s’emballa ainsi que celui de ma compagne, c’était parti, plus moyen de faire marche arrière. Nous nous devions de trouver ce que nous allions dire à la princesse et au plus vite. Avant que nous ne passions la porte. Nous dépassâmes Fire qui n’avait toujours pas bougé et je lui glissai un merci tout bas. Je fus sûr à cent pour cent qu’il m’avait fait un clin d’œil.

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« Ne bougez pas, une garde viendra bientôt pour vous emmener voir notre illustre princesse. En attendant asseyez-vous. » nous dit un soldat à l’armure d’argent, sûrement un garde un peu plus haut gradé. Quand il sortit de la pièce où nous étions, nous pûmes enfin nous asseoir et respirer. Prixilia posa sa tête sur mon épaule pour se reposer, tout sourire. Je humai le parfum de sa crinière et rougis. Je sentais son sabot faire des ronds sur mon ventre. Je passai mon sabot autour de son cou et la tins fermement à mes côtés pour apprécier le contact. Dew n’avait toujours rien dit et nous regardait, silencieux.

Une pensée me vint à l’esprit. Ce gosse en avait tellement vu entre la perte de son père, la famine et le mauvais logement que j’avais l’impression d’avoir un jeune adulte qui savait quand parler où se taire. C’était une impressionnante qualité que j’aimais beaucoup chez lui. Bien sûr son âge et sa taille pouvaient faire penser autre chose. Mais il semblait tellement serein et attentif que je me posais des fois la question de savoir s’il ne me mentirait pas en fait sur son âge. Après tout, la robe ne fait pas le poney, comme disait sa grand-mère.

Une petite heure passa. Prixi s’était endormie sur moi, bercée par le son de ma respiration et de mon souffle. De temps en temps on entendait courir un garde derrière les portes de chêne qui nous séparaient de la salle d’attente et du couloir des gardes. C’était marrant d’entendre une telle ambiance dans un château que je croyais bruyant à tout va. Au contraire c’était agréablement silencieux et il ne faisait pas trop chaud. La salle était assez haute, environ deux poneys et elle était tapissée de longues bandes de tissu avec les armoiries de…

La porte ouvrante sur un garde me coupa de mon observation et de mes rêveries.

« Monsieur Antias ? La princesse est prête à vous recevoir. Si vous voulez bien me suivre… » Il tourna le dos et nous attendit. Je réveillai doucement ma compagne, mon rythme cardiaque accélérant soudainement à l’idée de voir enfin ce pourquoi nous étions venus.

Prixilia se réveilla rapidement, j’en conclus qu’elle devait simplement somnoler. Elle posa ses sabots à peine réveillée sur le sol et nous pûmes enfin y aller. Bien sûr, tout ne se passe pas aussi vite que l’on espère.

« Nous devons d’abord vous emmener dans une salle où vous serez fouillés cela va de soi. Ensuite nous vous montrerons rapidement comment saluer comme il se doit notre légitime souveraine et enfin seulement vous pourrez avoir le droit à un entretien avec la princesse. »

« Je croyais qu’elle nous attendait ? » Ça me semblait un peu étrange que si elle était prête, cette dernière accepte d’attendre aussi longtemps que lui semblait ces étapes.

« La princesse sait que vous devez faire tout cela avant de la voir. Elle attendra. »

J’acquiesçai et le suivis, ma compagne et Dew derrière moi. Un regard dans leur direction me fit comprendre qu’ils n’étaient pas très à l’aise à l’idée d’être fouillés. Je leur lançai un « Ne vous en faites pas » avant d’entrer dans une salle un peu plus grande que celle où nous avions attendu. Trois gardes, deux étalons licornes et un pégase, nous attendaient, chacun tenant la porte d’une barrière nous permettant d’avancer.

Le premier, un étalon licorne, me demanda de me stopper d’un geste du sabot et m’enleva mon poncho par lévitation magique avant de le déposer sur un tapis roulant. Ce dernier passa dans une sorte de champ de force magique violâtre. En passant dedans, le champ de force devint vert et le garde, stoïque, m’ouvrit la barrière en me redonnant mon poncho.

Le second, un pégase blanc aux crins jaune cassé me stoppa puis me demanda d’écarter légèrement les pattes. Ce que je fis, un peu surpris. Il me tâta d’abord chaque patte avant dans sa totalité jusqu’à mes dessous de sabot. Puis avec ses sabots gantés, il continua sur ma croupe puis mon flanc puis ma queue puis…

J’avalai de travers, gêné. Il venait de me toucher à un point un peu privé. Mais il ne semblait pas en prendre compte et m’ouvrit finalement le portillon en disant « Suivant ! »

Je compris que ce n’était pas un dérapage mais la procédure et ça me soulageait dans un sens.

J’arrivai enfin au troisième, un autre étalon licorne, et faillis mourir d’étonnement et de peur. Il se tenait près d’un portail magique semblable à celui où mon poncho était passé mais à ma taille cette fois. Sur le portail était écrit… « DÉTECTEUR À CHANGELING »

Le garde, beaucoup plus sévère de regard, me lorgna d’une façon qui me disait méprisante. Mais je le comprenais. Il était sur la défensive si… son détecteur fonctionnerait. Je jetai un coup en arrière, une larme dans le coin de l’œil. Le regard de Prixi passa de mon regard, étonné, à la pancarte, puis au mien, complètement affolé. Elle fit un geste du sabot qui me dit de ne surtout pas entrer mais je tournai la tête.

Je n’arrivais pas à croire qu’après tant de chose vécues je puisse me faire trahir par une vulgaire séance de fouille. J’ouvris les yeux. Le garde semblait s’impatienter et ne se dérangea pas pour me le dire. J’inspirai à fond, sachant que j’allais être découvert. Dans un château comme celui-ci, rempli de gardes en tous genres, c’était la mort assurée.

Ma larme tomba au moment où je passai le champ de particules magiques. La tête baissée je n’entendis pas vraiment ce que dit le garde. J’avançai tout doucement, mort de peur et d’appréhension. Quand je pus entendre enfin ce qu’il dit, je n’entendis qu’un « Suivant ! »

J’ouvris les yeux en grand, plus grands que toutes les autres fois auparavant. Le portail était devenu vert et rien ne se passait. Je n’étais plus considéré comme changeling. L’amour d’une jument pour moi m’avait transformé au point que je n’étais plus détectable. Ma gorge était sèche et pourtant je sentais un flot de sensations me passer dans le bout du museau. J’avais réchappé à une mort certaine par le seul pouvoir de l’amour. Prixi finit elle aussi les tests et elle me sauta au cou, prête à pleurer, mais évitant pour ne pas interpeller les gardes. Elle m’embrassa avec passion avant de me relâcher. Un garde nous appelait à le suivre.

« Bien, les tests ayant été positifs, la princesse a été prévenue et est prête à vous recevoir. Si vous voulez bien me suivre », dit-il avec un sourire.

Dew finit de nous rejoindre et nous partîmes ensemble, soulagés de ce que nous avions frôlé. Dew se colla à moi.

« Heureusement que ça c’est bien passé papa… je n’aurais pas supporté une autre issue à ces tests… »

Je fus saisi de bonheur et le serrai d’un sabot passé autour de son encolure pour le serrer fort contre moi tout en marchant. C’était la première fois officielle qu’il m’appelait papa. Et j’aimais beaucoup ça.

Nous fûmes, sur le chemin, enseignés à l’art de la cérémonie de présentation pour la princesse. Il fallait poser un sabot au sol et envoyer son gauche le plus loin possible devant soi. En veillant à bien baisser l’arrière-train à mi-hauteur. Nous ne devions pas paraître plus hauts qu’elle par quelque manière que ce soit et nous devions nous montrer polis et un parler assez bien prononcé. Ce ne fut pas long à assimiler, et nous fûmes tous capable de le faire en quelques minutes.

Le couloir nous séparant de notre but nous paraissait immensément long. À vrai dire, à l’allure où le garde nous menait, il nous fallut dix minutes pour atteindre la fin.

Une grande porte nous fit face. De belles gravures se voyaient à sa surface et dessinaient les lettres du nom « Célestia ». Des petits motifs ornementaux couraient le long de la porte, lui donnant un air magique. Le garde se présenta et une voix légère, suave, aussi pure que du cristal se fit entendre de l’autre coté. La porte s’ouvrit et le garde s’inclina automatiquement, nous indiquant de faire pareil d’un mouvement de l’aile.

La princesse était couchée au sol dans un petit amas de coussins aux bordures dorées et au centre blanc. Ses yeux d’un magnifique mauve tendre nous fixèrent directement, comme voulant nous aspirer à l’intérieur de la pièce. Sa corne illuminée d’une aura magique répondait à la question de la porte s’ouvrant toute seule. Une plume virevoltait aussi près d’un rouleau neuf de parchemin fait artisanalement.

« Entrez je vous prie », dit-elle de sa douce voix, ponctuée par un sourire chaleureux. Nous ne la firent pas répéter et nous entrâmes. Les portes se refermaient derrière nous. Une petite lucarne restait cependant ouverte et permettait à un garde de jeter un coup d’œil rapide s’il lui semblait bon de le faire. Mais en attendant, personne derrière.

Nous étions au devant d’un grand tapis où semblait s’y mouvoir de magnifiques glyphes de magie. La pièce se révélait être en fait la chambre de la princesse. Son lit, tiré à quatre épingles, était sur notre droite en prolongeant le mur. Quelques mobiles suspendus au-dessus de nos têtes représentaient des scènes historiques se mouvant dans un souffle de vent. Aux quatre extrémités de la pièce qui se révélait être ovale, se trouvaient quatre piliers supportant le plafond. Tout ici aspirait à un apaisement incroyable. Le soleil couchant donna une coloration orange presque divine à cette atmosphère chaleureuse. La princesse nous fixa un instant, nous voyant ébahis face à la pièce, puis elle gribouilla quelque chose fiévreusement sur un bout de parchemin. Son sourire ne l’ayant pas quitté.

« Asseyez-vous, vous n’allez pas rester debout pour me raconter votre misères », gloussa-t-elle. Son ton se voulait pour le moins du monde blessant.

La fièvre me monta quand je m’assis. J’étais enfin là, devant la personne la plus importante du royaume. Et j’allais tout lui avouer.

« Votre majesté je… »

Elle me coupa gentiment.

« Antias je présume ? Firebroken m’a parlé de vous. Il a dit que ce que vous me diriez serait important. »

Je souris. Le soldat avait eu la gentillesse de le prévenir. Prixilia s’était collée à moi et ne me lâchait plus, intimidée et impressionnée par la princesse, mais surtout appréhendant la suite.

« O-Oui votre majesté. Mais je crains que ce que je vais vous révéler ne parle pas de notre misère. Ou alors très peu… » Je jetai un regard fiévreux vers la lucarne. Elle suivit mon regard et le sien devint perplexe.

« Je vois. Alors allez-y, j’ai toute la nuit devant moi. »

Je fus un peu surpris et la regardai. Son sourire était toujours à même si elle semblait un peu plus prudente.

Je regardai ma compagne, puis mon fils, et enfin baissai la tête. Elle insista.

« Aller, ne vous inquiétez pas ce qui est entre ces murs ne les quittent pas. » Sa voix se voulait rassurante, et ça marchait.

J’inspirai à fond, retenant de m’évanouir sous la pression, et lançai mon sort de métamorphose. Ma courte crinière blanche et noire, dans un léger zap de lumière verte, redevint ma longue crinière bleutée percée de quelques trous. Mon poil rétrécit avant de se changer en carapace souple mais rigide. Mes yeux redevinrent bleu uni et ma corne se développa ainsi que mon aile atrophiée. Tout ça sans que Prixi ne me lâche, de peur qu’il m’arrive quelque chose. Je croisai d’abord son regard puis tournai la tête vers Célestia. La princesse avait un regard nerveux et son sourire avait fait place à une moue montrant son incompréhension. Elle secoua la tête sans me quitter du regard et enleva une mèche multicolore de devant ses yeux.

« Intéressant. D’habitude vous m’auriez déjà attaquée ? Pourquoi attendre ? »

« Je ne souhaite nullement vous attaquer… » Je m’étais incliné plus bas que terre. Mes yeux fermés par la peur de voir sa réaction.

« Comment avez-vous passé le portail de détection ? » me coupa-t-elle apparemment plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu.

« J-Je… Je n’en sais pas plus que vous votre majesté… Peut-être parce que j’ai changé ? »

Elle ne semblait pas me comprendre. Son regard se perdit un instant dans une observation invisible avant qu’elle ne me pose quelques questions.

Je lui expliquai tout, de mon réveil jusqu’à maintenant, en tenant compte des victimes que j’avais faites sans le vouloir. Ses yeux s’étaient vidés d’émotion apparente, elle semblait perdue dans ses pensées. Néanmoins son sourire était revenu.

Elle nous avait demandé de nous relever. Nous lui obéissions et elle me demanda ensuite d’avancer. J’exécutai et elle se rapprocha aussi. Une boule dans ma gorge se formait. Qu’allait-elle me faire ? Elle se mit à tourner autour de moi et me scrutait sous tous les angles. Un instant plus tard, elle se repositionna devant moi. Je baissai le regard, autant par respect que par trouille de savoir ce qu’elle allait dire.

« C’est incroyable… Et peux-tu vraiment ressentir ce qu’est l’amour comme tu me l’a affirmé ? »

Je regardai Prixilia qui reflétait dans ses yeux nos moments passés à deux à se câliner, nos jeux, nos moments de ramassage de fleurs, mon combat pour la sauver. Tout me revint en mémoire et la réponse fut évidente.

« Oui votre majesté, du plus profond de mon cœur… » Elle semblait satisfaite de ma réponse et jeta un regard du côté de ma compagne. Elle avait déjà demandé si c’étaient eux aussi des changelings mais nous lui avions répondu que non. Elle s’assit et nous proposa de faire de même. Mais mes sabots refusaient de bouger et je lui fis un « non » poli, de la tête.

Soudain, un garde se jeta en avant, il venait de faire culbuter la porte et fonçait vers moi. J’eus à peine eu le temps de voir le regard surpris de Célestia et un flash blanc que je me pris un coup de ce qui me semblait une épée, à la tempe. Le choc fut si violent que je volai par la fenêtre ouverte. Une fenêtre donnant sur un vide de plus de cinquante mètres de haut.

Le sol se rapprochait pourtant irrésistiblement de moi, au loin, une voix féminine cria mon nom mais elle disparut rapidement dans un brouillard qui me semblait aussi dense que la boue. Je savais que cette voix était celle de Prixilia. Du sang perlait de mon crâne à l’impact de l’arme et s’envola vers le haut par ma vitesse de chute. Je ne savais pas si j’étais déjà vivant ou mort, mais ma tête me faisait tellement souffrir que j’en avais perdu presque connaissance. Il m’en restait néanmoins assez pour voir le sol plonger sur moi. Je fermai alors les yeux, incapable de bouger et attendis la mort, comme si souvent auparavant. J’avais l’impression de revivre deux fois la même scène… et cette fois ce serait surement la dernière.

Une ombre passa à ma hauteur et je sentis comme le temps s’arrêter. Cette ombre me regarda un instant, le désespoir et la tristesse se voyaient dans mes yeux comme deux appels à l’aide.

Quelque chose pourtant se produisit à ce moment… quelque chose de grandiose pour moi.

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« C’est quoi papa dis c’est quoi allez raconte c’est quoi cette chose grandiose papa s’il te plaît. »

« Chut tais-toi Tristiana ! »

« D’accord d’accord Hahaha, Léonios, ta sœur a le droit d’être heureuse que je lui raconte ça. »

« Oui, sûrement… et alors c’est quoi cette chose grandiose ? »

« J’y viens j’y viens Hehe. »

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La princesse Luna apparut sous moi dans ce qui me parut être un sort de téléportion rapide. Des motifs arcaniens de magie volaient tout autour de moi et elle me fit atterrir sur son dos. Étrangement la vitesse de chute n’avait pas eu l’air d’avoir d’impact sur mon atterrissage sur elle.

Elle soupira et dit entre ses dents ce qui me parut être un « Il s’en est fallu de peu ». Mais je n’en entendis pas plus. Le coup porté à mon crâne m’avait fait perdre connaissance et je ne voyais plus rien sauf les bruits de mon sang tapant à mes oreilles.

Quelques heures, jours ou mois plus tard, je n’en savais rien à ce moment-là, je me réveillai, un bandeau autour du crâne, dans un hôpital. La première chose que je vis, c’était Prixilia qui pleurait toutes les larmes de son corps. Elle n’avait pas vu que je m’étais réveillé.

Je lui posai alors un sabot sur le sien et elle sursauta, avant de refondre en larmes mais cette fois de bonheur. Elle appela des médecins qui accoururent en vitesse. Malgré ma violente blessure, je fus remis sur pieds rapidement. Bizarrement, même si j’étais sous mon apparence normale, les professionnels semblaient s’en moquer.

Après mon rétablissement, je fus invité une nouvelle fois au château. La princesse Luna et Célestia m’accueillirent avec chaleur et je fus convié à un repas royal. Toute ce qui m’arrivait, je ne comprenais pas pourquoi ça arrivait, avant que je ne comprenne que j’étais considéré officiellement comme le premier changeling transformé à l’intérieur.

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« En fait j’vais juste dormir deux jours. Votre mère et moi quand nous sommes retournés nous nous sommes mariés, comme je l’avais promis. Tout Equestria était au courant de ce qui s’était passé. Ça s’était rependu comme une traînée de poudre. Puis vous êtes arrivés et voilà, vous savez tout maintenant ! » finis-je en souriant.

Deux petits poneys se tenaient devant moi. Tous deux avec un an de différence, le premier avait dix ans et était bleu avec une crinière violette. C’était un poney terrestre de forme normale. Sa sœur quant à elle avait de petites plaques de carapace sur les sabots et une corne trouée comme la mienne mais de la même couleur que son pelage rose bonbon complétant sa crinière de couleur rouge mat foncé. Avant qu’elle ne pose une autre question, j’eus le temps de me lever et faire demi-tour. Je lui criai en passant un rideau pour couvrir les hurlements de la foule. « On verra plus tard ma chérie ! »

Je sortis alors sur scène sous les cris de la foule. Prixilia m’attendait là, sur la scène surplombant la foule avec un sourire amoureux. Je la saisis par la taille et l’embrassai sous les cris amusés de la foule. Puis le public se cabra et commença à taper des sabots en rythme. Un drôle de licorne blanche avec une crinière bleu rayé et une Cutie Mark de note de musique releva ses lunettes de soleil et cria à travers un micro.

« Et voici notre vedette !!! Swamp !! Qui a eu l’idée d’organiser cette fête en l’honneur de tout les changelings convertis !! » Des hurlements de la foule se firent entendre. Il y avait autant de têtes de poneys que de têtes de changelings, tout sourire aux lèvres, hurlant de joie. La licorne bleue avait commencé à monter un peu le volume sur des basses bien lourdes et bruit de violoncelle accompagné de flûtes se fit entendre, enflammant la piste de dance.

« Eeeeeeeet pour ne pas nous faire attendre la soirée peut commencer !!!!! »

Les hurlements de la foule purent se faire entendre en même temps que le volume monta si fort que les basses firent trembler la piste de dance et des rayons commencèrent à émerger de lampes à laser. Une voix dans la chanson se mit à chanter et tous se mirent à chanter ensemble.

Moi j’avais attrapé les sabots de ma femme et je l’avais invitée à danser. Elle acquiesça en gloussant et nous fûmes les premiers à inviter tout le monde à se défouler.

Clairement, cette journée se terminait en beauté.

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